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Paroisse de Saint-Eloi
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Fou ?

Edito du 10.06.2018 - Père Ghislain Mahoukou

Jésus se trouve dans une maison. Il y a tant de monde qu’on n’a même pas le temps de manger. Ses proches disent : « Il est hors de sens », il est fou. Serait-ce parce qu’il a oublié de manger ? Ou parce qu’il ne se méfie pas des ennuis qu’il va susciter ? Les scribes, pour leur part, formulent une accusation bien plus grave : « Il a Beelzéboul en lui ! »

« Il est fou ». En grec on a le verbe « existèmi » qui veut dire « il se tient hors de lui-même ». Il est hors des normes habituelles, hors du « ni trop, ni trop peu », si cher à bien des familles. Pour ses proches, Jésus est « à côté de la plaque ». Ils vont essayer de le « saisir » pour le ramener dans leur petit monde rassurant. Ce verbe « s’emparer » peut être pris en bien ou en mal. La bien-aimée du Cantique cherche à saisir celui qu’elle aime (Ct 3,4), Jésus prend la main de la fille de Jaïre (Lc 8, 54). C’est aussi le verbe de l’arrestation de Jésus (Mt 26, 50).

L’Église est-elle cette nouvelle communauté de frères ? Là aussi, un discernement s’impose. Certaines personnes, peuvent, au nom de leur fonction dans l’Église, tenter de s’emparer de l’autre et l’empêcher de vivre sa vocation au souffle de l’Esprit. Même en Église, il faut lutter contre une autorité abusive et un soi-disant esprit de famille qui enferme.

Au cercle de la famille dans lequel certains voudraient bien l’enfermer, Jésus superpose un autre cercle formé de frères et sœurs qui se réfèrent à un même Père des cieux (Mt 12, 50).

Faire ce discernement, remettre en cause les liens naturels de sang, permet d’éviter de s’enliser dans une attitude mortifère qui empêche l’accueil de la nouveauté de l’Esprit.

C’est donc dans cet état d’esprit décrit par Monique Dorsaz dans la « Revue Sources » que nous devons accueillir la décision de ces jeunes de l’aumônerie qui osent dire « Je crois en Dieu » dans un environnement peu porteur et parfois même indifférent à l’acte de foi. Souhaitons que les futurs communiants d’aujourd’hui nous incitent à mieux préparer notre propre rencontre du Christ, notamment dans la communion eucharistique.